Venise

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Photographie de Venise prise par un non-voyant.

Venise ville délétère, Venise ville haïssable, Venise ville maudite… A l’instar du tombeau de Toutankhamon, du trésor des Templiers ou du four d’Henri-Désiré Landru, tous ceux qui ont vu Venise sont morts et, par voie de conséquence, ne sont plus là pour en parler…

Témoignages sur Venise

Et de fait, mis à part l’antique proverbe « Voir Venise et mourir », les rares témoignages à propos de cette ville restent exceptionnellement pauvres et laconiques. Même pour les spécialistes les plus éminents, se faire une idée claire de la cité de Venise est encore de nos jours une véritable gageure, surtout à partir de ces quelques documents épars :

Document tragique et émouvant, les tout derniers écrits de Richard Wagner à Venise.
« Aaaaargh ! »
~ Le héros de Mort à Venise à propos de Venise
« Aaaaargh ! »
~ Le Titien (mort à Venise) à propos de Venise
« Aaaaargh ! »
~ Richard Wagner (mort à Venise) à propos de Venise
« Aaaaargh ! »
~ Claudio Monteverdi (mort à Venise) à propos de Venise

A côté de ces textes historiques que l’on ne peut raisonnablement mettre en doute, d’autres récits d’informateurs moins sérieux, qui émettent eux par contre un grand nombre de descriptions anormalement précises et détaillées sur cette ville pourtant frappée d’ostracisme, paraissent proprement invraisemblables ; pareillement, la plupart des cartes postales qu’ils envoient ont pu être facilement truquées sous un logiciel de retouche ; et de fait, il semble plus simplement avéré que ceux qui prétendent avoir visité (et vu) Venise sont avant tout caractérisés par une personnalité encline à la fantaisie et qu’ils cherchent essentiellement et de manière évidente à épater, par leurs formidables racontars, les plus naïfs de leurs amis.

Aussi est-ce en tenant compte de toutes ces précautions que l’on lira les informations du paragraphe qui suit.

Informations plus que douteuses sur Venise

Une vision fantastique de Venise où les visiteurs marchent sur l'eau. La photographie est visiblement truquée par ordinateur.

Parmi de nombreuses sources, toutes aussi peu fiables, la plus fameuse est sans doute la rédaction de Marco Polo : dans son Million, il décrit Venise comme une ville merveilleuse située au Nord-Est de l’Italie. Elle serait bâtie sur les innombrables îlots (cent-dix-huit, si l’on croit certains dires) d’une lagune, littéralement au-dessus de l'eau. Les édifices, construits sur pilotis, seraient séparés les uns des autres non pas par des routes normales à deux ou quatre voies mais par des canaux.

Le Vénitien s'y déplacerait dans des bateaux-taxis, des bateaux-bus ou encore des barques allongées dont la forme rappellerait celle d’un cygne ; les bateliers, qui les conduiraient encore à la rame, porteraient un chapeau de paille et chanteraient « O Sole Mio ». Il n’y aurait bien sûr dans cette ville ni voitures ni camions mais les places (par une étrange contradiction, il n’y aurait pas de rues mais on trouverait pourtant des places) seraient envahies de milliers de pigeons. Les habitants, appelés les Doges, porteraient toujours des habits extravagants à la mode du XVIIème siècle et leur visage serait couvert d’un masque.

Certains informateurs affirment enfin avoir vu Corto Maltese, Indiana Jones ou James Bond à Venise.

Critiques sceptiques

Les faits énoncés ci-dessus sont bien entendu particulièrement controversés. Des chercheurs italiens estiment même que Venise n'a jamais existé ; que Marco Polo une fois arrivé à la gare de Trévise se serait trompé de wagon et, au lieu de prendre le train en direction de Venise-Mestre, aurait pris celui de Bassano del Grappa. Il aurait alors confondu le pont de Bassano et celui du Rialto. Quant à la lagune, aux gondoles et aux chansons des bateliers, elles seraient dues à un abus de cognac et de genièvre.

De même, plusieurs statistiques fiables, issues d’études publiques ou privées sur Venise, indiquent que la plupart des prétendues observations de cette ville sont la conséquence d'une méprise involontaire où le témoin a pris un objet prosaïque pour une gondole, un pigeon, une place Saint-Marc ou un canotier. Selon le principe du rasoir d'Ockham, ces explications plus simples doivent être privilégiées au détriment de thèses plus compliquées (particulièrement lorsqu'elles incluent des éléments non prouvés comme une rencontre avec Indiana Jones).

Aussi Philip J. Klass a pu proposer une hypothèse générale, qui est aujourd’hui généralement retenue : « Lorsque les médias conduisent le touriste à croire qu'il peut voir Venise, de nombreux objets naturels ou artificiels, particulièrement lorsqu'ils sont vus la nuit par des myopes, des presbytes ou des daltoniens, peuvent prendre des caractéristiques inhabituelles dans l'esprit de cet observateur plein d'espoir. Ses observations s'ajoutent en retour à l'excitation de masse, ce qui encourage encore plus de touristes à chercher à voir Venise. La situation s’auto-entretient jusqu'à ce que les médias perdent leur intérêt pour le sujet ; et alors on constate que le phénomène retombe de lui-même, selon le second principe de la thermodynamique, comme un soufflet hors du four de la cuisinière ou une bouse hors du trou du cul d’une vache. »

Pour décrire ce processus, on dit alors que l’observateur a « venisisé » l’objet, c'est à dire que sa perception a transformé le stimulus optique qui sert de support à l'observation visuelle en lui ajoutant des détails, en augmentant son degré d'étrangeté, et surtout en le rapprochant du « prototype Venise » véhiculé par la culture ambiante et les agences de tourisme.

Cette contagion psychosociologique est en fait assez proche de l'hystérie collective qui conduit les groupies de Tokio Hotel à croire que Bill est un garçon.

Hypothèses scientifiques

De manière moins discutable que les dires des prétendus observateurs, certains scientifiques se sont attachés de leur côté à émettre diverses hypothèses sur Venise et ses habitants.

Premièrement, puisque voir Venise conduit à mourir, on peut raisonnablement supposer que tous les Vénitiens sont aveugles. Les lois de l’évolution voudraient que cette capacité se soit étendue au fil des temps par croisement génétique au point de se transmettre aujourd’hui de façon héréditaire. Il est fort possible que leurs yeux aient fini par s’atrophier, tout comme ceux des axolotls.

Secondement, les conditions de survie d’un aveugle en milieu aquatique, en particulier la nécessité vitale de reconnaître son environnement proche, auraient nécessairement conduit au développement de fibrilles, c’est-à-dire de moustaches tactiles, ainsi que les ont les poissons-chats.

Troisièmement, les nombreuses chutes dans l’eau dont on peut deviner qu’elles sont la conséquence logique des caractéristiques susdites ont certainement amené le nez des Vénitiens, au fil des âges, à s’allonger à la manière d’une trompette ou d’un tuba de plongeur sous-marin.

Sur ces bases relativement solides, les scientifiques ont pu établir un portrait-robot de l’habitant de Venise :

Reconstitution par ordinateur du Vénitien type (vue d'artiste).

Galerie photo

S’il est impossible de voir Venise sans mourir, il est par contre tout à fait faisable de la toucher sans encourir le moindre danger létal. C’est pourquoi les rares photographies dont on dispose de manière assurée sur Venise sont en braille.


 
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Cet article, basé sur le texte de Wikipédia «Modèle sociopsychologique du phénomène ovni», est disponible uniquement sous licence GFDL.


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